Le thérapeute, selon moi, n’est pas un marchand de bonheur. Je vois trop souvent sur les réseaux sociaux, sur internet, des thérapeutes faire la promotion de leurs activités en vantant leur accompagnement au bonheur. Comme si la destination, l’objectif était le bonheur. J’estime que le thérapeute est au service de la Vie, au service de la personne, pour un accompagnement vers de l’authenticité, vers un accomplissement de la personne. Le bonheur pourrait arriver comme une surprise, de surcroît, mais il ne peut pas être la destination. Et un bonheur en azimut, c’est comme si il était présent tout au long du voyage, et je questionne donc la capacité du thérapeute à accompagner la personne vers ses profondeurs. Le thérapeute n’est pas un marchand de bonheur, il ne vend pas du bonheur car il propose un long voyage, un voyage périlleux, une aventure forte et confrontante. Ça ne veut pas dire que le thérapeute ne doit pas être enthousiasmant, mais il n’a pas, selon moi, à minauder autour du potentiel client pour lui vendre un bonheur mielleux et tiédasse. Le thérapeute ne promet rien, il propose un voyage, une rencontre avec l’inattendu. Une aventure, à la rencontre de ses monstres, des doutes, de ses inquiétudes. Comme thérapeute, je me veux enthousiasmant, non pas sur l’objectif mais sur le parcours. Je me veux enthousiasmant mais pragmatique, je comprendrais qu’un client réfléchisse à deux fois avant de s’embarquer en thérapie car le thérapeute ne propose pas une balade en barque mais une Traversée de l’Atlantique.

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